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2 avril: journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme

Crédit image: sergecar.perso.neuf.fr

Aujourd’hui, 2 avril, c’est la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. Ce sujet semble en marge de ceux que j’aborde ici habituellement, c’est vrai. Mais il est au coeur de mon quotidien, de ma vie.

Certains lecteurs du blog le savent déjà: j’ai deux fils extraordinaires dont l’un est autiste. Ça donne une couleur particulière à notre famille. Nous sommes différents.

Cette différence peut être brutale parfois, par le regard des autres. Combien d’yeux méprisants et réprobateurs avons-nous croisés dans les endroits publics quand fiston décidait qu’il piquait une crise (et croyez-moi, en matière de crise, c’est du costaud…et c’est imprévisible). Ces regards-là viennent de l’incompréhension. Aussitôt que le porteur de gros yeux (généralement des femmes !) apprend la condition de fiston, ce regard se transforme, et de parents sans autorité nous devenons parents courageux.

Parfois les regards sont amusés parce que fiston démontre un peu trop d’enthousiasme et s’exprime trop fort. Nous ne passons jamais inaperçus.

Et puis au fil du temps, on s’habitue et on prend confiance en nos moyens de parents puis on ne voit plus que les regards que l’on choisit de voir.

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Impression

Il y a des moments où je cesse de rêver, comme si la décadence hurlante avait raison de moi. J’ai l’impression qu’à ce moment je me réveille, et que je vois, hélas, la réalité d’un monde terrifié en chute libre.

Je suis immobile et ça dévale tout autour. La vitesse à laquelle s’écroule le monde est exponentielle. Ne lui reste plus qu’un espoir; celui d’enfin toucher le fond et de se fracasser.

Le vertige est pareil à celui d’une chute, mais par ce paysage qui défile et qui tombe, c’est vers le haut que je dégringole. Pourtant, je suis bien immobile. Je le sais.

Mais je vois les autres, ceux qui sont entraînés et qui glissent dans le gouffre. Il en pleut autour de moi, comme autant de larmes d’injustice, de colère et de dégoût.

Ils glissent parce qu’ils ne savent pas qu’ils sont endormis. Paradoxe du rêve et de la réalité; je préfère croire que c’est eux qui dorment et que je suis dans la lucidité.

Être humain

« Qu’est-ce que devenir un membre à part entière de l’espèce humaine ? Tout dépend de la réponse à cette question.

S’il suffit de devenir un producteur-consommateur inséré dans une société au sein de laquelle chacun joue le rôle qui lui est attribué sans trop se faire remarquer, alors le concept même de liberté est dépourvu de sens. Il suffit de fournir à chaque individu les informations nécessaires pour ce rôle. Sa vision est étroitement limitée par les oeillères de l’ignorance, et il trace son sillon sans état d’âme. C’est l’idéal décrit par Aldous Huxley pour les « epsilons » contents de l’être, c’est l’idéal aussi des armées qui fondent leur force sur la discipline la plus aveugle possible.

Mais une autre réponse peut être préférée. Appartenir à l’espèce humaine, c’est être dépositaire du trésor de questions, de réponses, d’angoisses, de projets peu à peu accumulés par ceux qui nous ont précédés. C’est participer au cheminement de la communauté humaine vers une structure permettant à chacun de « se savoir beau dans le regard des autres ». L’objectif de toute communauté est alors de faciliter cette construction de chacun par lui-même grâce aux autres. Cet objectif est avant tout celui du système éducatif. Chaque élève a droit aux apports de savoir et de réflexion qui l’aideront dans ce qui est la tâche de toute une vie: devenir celui que l’on choisit d’être.

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