Fermier de famille

La saison des récoltes est terminée. La semaine dernière nous avons dit au-revoir à notre fermier de famille. C’était une nouvelle expérience pour nous que d’acheter la totalité de nos légumes directement d’un agriculteur bio local. Une belle expérience estivale, en somme. Nous répéterons l’an prochain.

Je vis en ville. En bonne citadine, j’ai fait mille fois le vœu pieux de défricher un bout de mon terrain pour y planter des choux zé des carottes. Mais le problème avec ce projet, c’est que je ne sais pas comment faire, que ça ne fait pas partie de la culture des gens qui m’entourent (c’est donc difficile de prendre conseils), et puis…je n’ai simplement pas le temps de m’occuper d’un jardin (ou bien il faudrait que j’opère quelques gros changements dans mon mode de vie, disons). De toute façon, je suis certaine que si je faisais un jardin, toutes les limaces du quartier se donneraient rendez-vous chez-nous; j’ai ce genre de chance-là.

Alors, cette année, j’ai découvert une solution parfaite pour les gens comme moi: le programme des fermiers de famille du réseau ASC (Réseau d’agriculture soutenue par la communauté) parrainé par l’organisme Équiterre. Ce réseau est le plus important du genre au monde avec plus de 10 000 familles québécoises qui en profitent.

Pour nous, ça se passait tous les mercredis en fin de journée. On se rendait en famille au point de rencontre où de jeunes agriculteurs passionnés, Évelyne et Simon, nous tendaient « notre » panier, rempli de surprises. Et on piquait notre petite jasette hebdomadaire. Parfois, Evelyne y allait de son conseil culinaire pour l’aubergine de la semaine.

C’est bien différent que de faire ses achats anonymement, au supermarché, où on fait presque toujours les mêmes choix, sans sortir de « notre zone de confort »; avec les paniers bios, on n’a pas le choix, on cuisine ce qu’on nous donne…ou presque. Nos fermiers nous offraient la flexibilité des échanges. Les aubergines, ce n’est pas mon fort, malgré les bons conseils d’Évelyne. 😉 Alors je pouvais changer pour des poireaux, par exemple.

Et que dire de la fraîcheur ! En approchant de l’étal des paniers, on pouvait presque voir la couleur des légumes les yeux fermés, tellement l’odeur était vitaminée. C’est un peu triste de retourner au supermarché cette semaine.

Bon, l’image est un peu buccolique. Pour remettre les choses en perspective, précisons que les rencontres avec notre fermier avaient lieu dans un stationnement de centre commercial et que l’étal de légumes, c’était une boîte de pick-up. 🙂

Si maintenant j’ai pris goût aux délices de la ferme, au départ c’était par pure conviction que je m’étais engagée envers un fermier local. Parce qu’on s’engage, en payant d’avance, un taux fixe. Cet engagement, je l’avais pris dans le sens de l’achat local pour encourager l’économie de proximité et pour réduire l’impact du transport des aliments vers mon garde-manger.

Chez-moi, malgré le fait que les légumes soient certifiés bio, ça a résulté en une véritable économie sur la facture d’alimentation hebdomadaire. Une autre bonne surprise.

Toutefois, il faut s’attendre à ce que les fruits et légumes soient moins « parfaits » que ceux qu’on retrouve au supermarché. La couleur peut par exemple être inégale, les formats ne sont pas standardisés et contrairement aux denrées asceptisées qu’on achète en magasin, les légumes de la ferme arrivent dans leur robe de terre; il faut adapter le transport et le rangement en conséquences et il faut prévoir du temps pour les nettoyer.  Je n’ai jamais eu de mauvaises surprises; les légumes que j’ai reçus étaient toujours frais et délicieux.

Saviez-vous que:

  • Les aliments parcourent en moyenne 2600 km avant d’arriver à votre assiette ?
  • Pas moins de 100 000 emplois seraient créés au Québec si chaque famille québécoise achetait hebdomadairement pour 20 $ en plus de produits québécois ?  (source)

Si le programme des fermiers de famille vous intéresse, rendez-vous sur le site d’Équiterre, où vous trouverez les points de chute de votre région.

http://www.equiterre.org/solution/fermier-de-famille

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Publié le 8 novembre 2011, dans Consommation, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Aberration parmi d’autres : UN TIERS de toute la nourriture produite dans le monde pour l’alimentation humaine est perdue ou gaspillée !!
    http://www.fao.org/news/story/fr/item/74312/icode/

    Préférez donc votre « fermier de famille » !

  2. Je suis interessé par ça. Est-ce que tu as sauver de l’argents sur ton achat réguliers au supermarché? As-tu quand-même acheté des fruits et légumes qui manquait dans le panier?

    • Bonjour Meagen,

      L’économie d’argent est vraie si on achète habituellement des légumes bio du supermarché. Avec le panier du fermier, on se retrouve avec du bio au prix du régulier ou à peu près. Sauf que la fraîcheur n’a rien à voir avec ce qu’on achète au magasin. C’est +++ meilleur.

      Et oui, dans mon cas, j’ai parfois dû acheter au supermarché, surtout des fruits (au fil de l’été, je n’ai reçu que des cerises de terre (beaucoup), des framboises, un potiron et des melons). Pour les légumes (laitue, carottes, pommes de terre, oignons, poireaux, radis, bette à carde, courgettes, courges, aubergines, tomates, etc… et même des fines herbes), je m’organisais assez bien avec ce que je recevais. Mais comme le contenu du panier est en fonction de la saison, faut bien acheter des oignons en juin…par contre j’en ai eu pour 2 mois après le dernier panier. 😉

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