World Press Photo 2011 : à voir absolument

L’exposition du World Press Photo 2011 regroupe les meilleures photographies de presse et permet de revoir les principaux évènements qui marquèrent l’actualité et les grands enjeux de l’année qui vient de s’écouler.

Cette remarquable exposition est présentée à partir d’aujourd’hui jusqu’au 2 octobre 2011, au Marché Bonsecours de Montréal. Au Québec, on pourra aussi voir les photos à Chicoutimi, en novembre. Une tournée mondiale a débuté en août et durera jusqu’en janvier 2012 (dates de la tournée) .

J’ai sélectionné ici quelques photos qui m’ont particulièrement touchée, mais elles sont toutes saisissantes, sans exception, et vous mèneront du dégoût jusqu’au ravissement, en passant par toutes les couleurs des émotions.

Les sacrifices: l’Afghane et le Marine américain

Photo gagnante World Press Photo 2011
Par Jodi Bieber, Afrique du Sud

Bibi Aïcha, 18 ans, a été défigurée pour avoir fui la maison de son mari dans la province d’Oruzgan, en Afghanistan central. Selon une coutume pachtoune de règlement des litiges, Aïcha a été donnée à 12 ans, avec sa sœur cadette, à la famille d’un combattant taliban. Lui ayant été donnée en mariage à l’âge de la puberté, elle est ensuite retournée chez ses parents en se plaignant d’être maltraitée par sa belle-famille. Des hommes, venus la chercher une nuit pour la punir de sa fuite, l’ont emmenée en montagne où, sur l’ordre d’un commandant taliban, on l’a plaquée au sol pour lui couper les oreilles puis le nez. (WPP.org)

Le concours comporte aussi une catégorie multimédia. Voici le film gagnant:

The Home Front

C’est l’histoire (très touchante) des sacrifices d’une famille américaine, dont le père monoparental est déployé en Afghanistan, avec tous les périls et toutes les absences que ça comporte. Les deux jeunes fils du militaire racontent leur vision des choses, avec leurs mots d’enfants – trop grands (en anglais, pas de sous-titres disponibles…mais l’émotion passera sans doute quand même).

Cliquez sur l’image pour voir le film sur le site officiel.

Du bonheur à l’horreur

Attention, la seconde photo heurtera les âmes sensibles…moi, j’ai du mal à la regarder, surtout en connaissant l’histoire tragique et cruelle qu’elle raconte.

Photo: Amit Madheshiya, Inde

Des adeptes du cinéma ambulant regardent des films lors de séances nocturnes à Maharashtra, en Inde occidentale. Ces cinémas itinérants passent dans les villages isolés, éloignés des salles fixes. Les projections ont lieu dans de grandes tentes avec un équipement de fortune et le public est assis à même le sol. (WPP.org)

Photo: Javier Manzano, États-Unis

La tête d’un homme, pris en embuscade dans sa voiture avec sa famille, gît au bord de la route dans la banlieue de Ciudad Juárez, au nord du Mexique. La ville, à la frontière avec les États-Unis, est un carrefour de contrebande et un champ de bataille de la guerre des narcotrafiquants qui affecte la région, faisant chaque année des milliers de morts. Sa femme a été mortellement blessée dans la fusillade au cours de l’attaque. L’homme, tiré hors de son véhicule et kidnappé, a laissé là ses enfants âgés de trois et quatre ans. La police a retrouvé son corps à 20 km de là. (WPP.org)

Les meilleurs photographes de presse du monde vous  réservent des émotions de toutes sortes. S’il vous est impossible de vous déplacer vers l’un des lieux d’exposition, vous pouvez quand même voir l’ensemble des photos du World Press Photo 2011 à l’adresse suivante: http://www.worldpressphoto.org/winners/2011

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Publié le 8 septembre 2011, dans Société, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. Bonjour,
    J’ai bien aimé la fraîcheur de votre blog.
    Puis-je le renseigner sur mon blog au niveau des liens appréciés
    Bonne journée,
    Bien à vous
    Photoslow

    • Bonjour à vous et ravie de faire votre connaissance !

      Bien entendu, vous le pouvez.

      J’apprécie également l’intelligence, le dépaysement ( de magnifiques photos) et la poésie de votre blogue. Je le place en blogroll et j’invite mes lecteurs à vous visiter.

  2. La photo de cette malheureuse fille mutilée est triste à pleurer. L’humain est parfois si abominable, que j’en arrive à souhaiter sa disparition… Dommage !

    • Heureusement, il y a tous ces autres êtres humains magnifiques qui font de notre expérience une aventure extraordinaire.

      Ceci dit, cette photo est très difficile à regarder, parce que justement elle porte une histoire d’horreur. Mais cet événement atroce aura été le déclancheur de toute une chaîne d’humanité et de bonté envers cette fille aux beaux yeux, fière et très forte. Elle fait partie des magnifiques et les gens qui la soutiennent actuellement le sont aussi. Ça fait plus de beauté dans la balance…je crois.

  3. Bonjour Julie 🙂

    à l’attention des membres qui laissent des commentaires sur ce site je voudrais tout d’abord préciser que je ne suis aucunement raciste et ne le serai jamais. Je ne critique pas une race et moins encore une religion, mais j’ai en abomination ceux qui « au nom d’une religion » commettent des atrocités comme celle dont a été victime Bibi Aïcha. Je suis de souche catholique mais je ne crois pas en Dieu. Je respecte la religion de chacun mais pas à n’importe quel prix ! La religion chrétienne n’est pas exempte d’atrocités non plus ( inquisition, torture, pauvres bougres brulés vifs) mais cela se passait au moyen-âge. A bien y réfléchir, toute forme d’intégrisme est un dictat destiné à asservir un peuple ( ceci vaut pour toutes les confessions). A y regarder de plus près, la plupart des religions font preuve de rigidité psychologique navrante. Rien n’évolue de peur que les fidèles ne quittent le navire par déception. Prenons le Pape Benoit XVI, ce n’est qu’un personnage hors de son temps qui s’évertue à endoctriner ses fidèles avec des préceptes dénués de fondement et même dangereux ( interdiction du préservatif )… Mais je m’éloigne du sujet.

    Les religions ont été mises en place pour donner un code moral à l’homme et ainsi « encadrer » d’une certaine façon la société, mais très vite elles sont devenues un organe de pouvoir sous le couvert du dogme. Lorsque l’on n’a pas le pouvoir politique sur une nation, il reste le pouvoir religieux. Ce dernier est plus facile à imposer car il repose sur des concepts abstraits et la plupart du temps non contestables par manque de connaissance du sujet et par superstition. Qui peut se vanter de connaître les volontés d’un Dieu? Sauf les religieux eux-mêmes qui font dire à leur Dieu ce qu’ils veulent dire eux-même.

    Des peuples aujourd’hui vivent encore sous le joug d’intégristes et de fanatiques dangereux, immoraux et cruels. Je ne peux que souhaiter au plus vite, dans le nouvel esprit de liberté qui est en train de souffler en ce moment que ces peuples acquièrent enfin une liberté spirituelle sans laquelle toute évolution sociale est gravement entravée.

    Je m’arrêterai là car une discussion sur ce thème pourrait durer des heures. Je reprendrai en guise de conclusion le titre d’un essai rédigé par l’ambassadeur Stephane Hessel  » INDIGNEZ-VOUS » paru dans la collection intitulée  » Ceux qui marchent contre le vent « …

    • Bonjour Francis 🙂

      Je ne sais pas si cette atrocité a été commise au nom de la religion, ou bien si c’est le résultat cumulatif d’une culture traditionnelle d’honneur (mal placé, ça ne se discute pas) barbare…et de la cupidité.

      Sur le site de la fondation Grossman-Burn, qui s’occupe d’Aïsha de près, on raconte probablement l’histoire la plus proche de la réalité.

      Au moment de se sauver de la maison de son mari (occupée par la belle-famille), deux voisines ont proposé de l’aider à se rendre à Kandahar. On peut imaginer qu’à ce moment, elle était dans une situation d’extrême fragilité (battue, abusée et maltraitée) et n’avait aucune méfiance envers ce geste de secours et de solidarité inespéré.

      Quand elles sont arrivées à Kandahar, les deux voisines « charitables » ont tenté de vendre Aïsha à un autre homme. Cupidité et cruauté…et tout ça n’avait aucun lien avec quelque allégeance religieuse ou « code d’honneur » religieux.

      La transaction n’a pas pu avoir lieu, parce que les trois femmes ont été arrêtées par la police et emprisonnées. Aïsha a été incarcérée sous prétexte qu’elle se sauvait (là-bas, celle qui se sauve est considérée comme une prostituée). Injustice, stupidité… Elle a subi un emprisonnement de 5 mois. Sa peine initiale était de 3 ans, mais elle a « profité » d’une clémence du Président Karzai.

      Lorsqu’elle est sortie de prison, son beau-père l’a retrouvée et ramenée dans la belle-famille. C’est à ce moment qu’elle a vu son mari pour la première fois (alors que dans quelques reportages que j’ai lus, on dit que c’est son mari qui la battait. Le contexte est donc plus large). Son mari est revenu exprès du Pakistan pour l’amener devant un tribunal Taliban, qui la jugera pour le déshonneur et la honte qu’elle aura fait subir à la belle-famille et la condamnera à se faire mutiler. C’est le mari lui-même, aidé de son beau-frère qui procèdera aux amputations à froid.

      Ensuite, elle a été recueillie dans un abri, où elle a résidé quelques mois. Son propre père est venu pour la ramener chez-elle, avec promesse de lui trouver un nouveau mari. Mais elle a refusé de le suivre car dans ces sociétés traditionnelles rurales, une famille déshonorée par sa fille la vendra en esclavage ou la tuera pour rétablir la réputation du clan.

      Maintenant, à mon avis, toute la mécanique pour en arriver à cette atrocité est plus complexe qu’une simple mauvaise interprétation de textes religieux. Il s’agit probablement d’un homme face à son père qui ne veut pas perdre la face dans un contexte culturel Taliban-barbare. Le mari ne connaît même pas Aïsha. Mais pour ne pas lui-même devenir un paria auprès de sa communauté, il se plie à cette vengeance démesurée. Et son propre père a probablement l’intention de la tuer parce que vivre avec le meurtre de sa fille sur la conscience est moins lourd que de supporter les railleries et l’ostracisme à perpétuité.

      La photo de Bibi Aïsha devient un symbole pour la lutte des femmes Afghane à retrouver leur droit d’exister. Et cette lutte se gagnera par l’éducation. Certains Afghans en sont conscients. Je ne sais pas si l’indignation, quoique légitime, est bien utile.

      Voici l’excellent article d’Aryn Baker du Time Magazine pour continuer la réflexion sur la complexité de cette situation.
      http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,2007407-1,00.html

      Photo: AFP/Alan Goldstein/Fondation Grossman Burn
      Bibi Aïsha avec son nouveau visage (prothèse nasale).http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/10/14/009-aisha-afghanistan-visage.shtml

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